lundi 17 août 2009

"les Cerfs-volants" de Romain Gary

Deux livres ont bouleversé mon été.
Celui-ci en fait partie.

C'est un livre qui restera en moi.
C'est après avoir fini un tel livre qu'on peut remercier la littérature d'exister, et un tel écrivain d'avoir pris la peine d'écrire.

Je ne réussirai jamais à exprimer la poésie que j'ai trouvée dans ce livre, les mots qui m'ont bercée, l'histoire qui m'a emportée.
On ne s'ennuie jamais, l'histoire est passionnante. C'est le type de livre qu'on ouvre pour ne plus refermer.
Mais pourtant, tout y est doux, poétique, soigné, jamais pressé.

C'est émouvant et c'est si drôle aussi!

L'histoire se passe avant et pendant la seconde guerre mondiale. On y découvre l'amour fou entre Ludo, un Français à la mémoire historique, élevé par un oncle fantaisiste (j'ai adoré son personnage!) et Lila, une belle polonaise tout aussi originale et passionnée.

Lila, qui veut faire quelque chose de grand dans sa vie, mais elle ne sait pas encore quoi.
"Je peux encore tout rater, disait Lila, je suis assez jeune pour ça. Quand on vieillit, on a de moins en moins de chances de tout rater parce qu'on a plus le temps, et on peut vivre tranquillement, en se contentant de ce qu'on a raté déjà. C'est ce qu'on entend par "paix de l'esprit" mais quand on a que seize ans et qu'on peut encore tout tenter et ne rien réussir, c'est ce qu'on appelle en général "avoir de l'avenir"".

Ce livre est le dernier de Gary, à l'image des autres, il est magnifique.

On ressent (d'où le talent de l'auteur) et on y trouve des pensées essentielles sur l'amour, la fantaisie, la trahison, l'occupation, le patriotisme, la Pologne, la résistance, la trahison, la fidélité et la passion.
Au moins tout ça, et beaucoup plus.

"- Vive la France immortelle! dit mon hôte.
- Vive la Pologne éternelle! répondis-je.
Il y avait quelque chose de mortel dans ces assurances d'immortalité."
C'est tout R. Gary ça: profond et si drôle!

Je crois que je n'avais jamais autant compris la période de l'occupation avant d'avoir lu ce livre.

J'ai lu les derniers mots du roman en pleurant, dans un endroit où l'on ne pleure pas (la piscine municipale, oui, oui. Il en faut beaucoup pour pleurer là bas un jour où l'on est gai):

"On croirait parfois qu'ils se disputent l'avenir. "On verra bien qui aura le dernier mot", c'est une phrase que je les ai entendus grommeler, l'un et l'autre. Je termine enfin ce récit en écrivant encore une fois les noms du pasteur André Trocmé et celui de Le Chambon-sur-Lignon, car on ne saurait mieux dire."

Sorti du contexte, ca peut paraitre banal comme fin.
Mais non, cette fin est magistrale. C'est du parfait "oncle Fleury". Tout est incarné dans ces dernières phrases.
En effet, le livre ne parle pas de l'histoire du Chambon-sur-Lignon, mais il parle de ce que ce village incarne: l'héroïsme, l'amour, l'enfance, la résistance face à la barbarie, le patriotisme voire l'éternité.


Ce livre est devenu un essentiel.
J'y pense depuis que je l'ai refermé.
Et je remercie R. Gary pour m'avoir procuré ce genre d'émotions littéraires, qu'on a ensuite peur de ne plus jamais retrouver.
Un chef d'oeuvre qui devient un de mes livres préférés.

Merci R. Gary.
http://www.romaingary.org/cerfsvolants.php


2 commentaires:

  1. Je suis en train de le lire et je partage absolument votre avis...

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  2. Merci de m'avoir lu et de votre commentaire. Je suis heureuse que ce livre vous ait plu.

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